ni vue ni connueNi vues ni connues, une sélection de livres, pour adultes et enfants, sur des femmes remarquables mais oubliées

Connaissez-vous l’effet Matilda ?
C’est le nom donné à l’effacement volontaire, l’oubli ou la minimisation systématique de la contribution des femmes à la science, doublés souvent de l’attribution des découvertes de ces dames à des hommes.

Quelques exemples ?
En 1958, Marthe Gautier, jeune chercheuse, découvre le gène de la trisomie 21, découverte attribuée au professeur Jérôme Lejeune, à l’époque stagiaire, qui utilisera sa gloire pour lutter férocement contre l’avortement. La vérité ne sera rétablie qu’en 2014 au cours d’une cérémonie organisée en catimini tant les pressions exercées par la fondation Lejeune sont fortes. Autre exemple, Hedy Lamarr, la « plus belle femme du monde », actrice hollywoodienne des années 30 et 40, est davantage connue pour s’être, la première, dévoilée nue dans un film, que pour ses découvertes scientifiques pourtant majeures, grâce auxquelles notamment existent le Wifi ou le GPS. Évoquons aussi les « calculatrices » de la Nasa, ces femmes afro américaines qui ont œuvré dans l’ombre au succès de la conquête spatiale : Katherine Johnson a réalisé les calculs qui ont permis d’envoyer (et de faire revenir) des hommes dans l’espace, Mary Jackson fut la première femme ingénieure noire de la Nasa, Dorothy Vaughan a été pionnière dans la programmation informatique, amenant l’aéronautique sur la voie de la modernité. Rappelons enfin que Pierre Curie a du insister à plusieurs reprises pour que le nom de Marie Curie soit associé à leurs recherches et découvertes !

Si l’effet Matilda s’applique spécifiquement au domaine scientifique, on peut pourtant en retrouver le mécanismes, les effets et conséquences dans de nombreux domaines : l’histoire (Betty Albrecht a été une figure majeure de la Résistance longtemps oubliée), la peinture (Dora Maar n’était pas que la muse de Picasso, loin de là), la littérature (la poétesse Tahirih Qurratu’l-Ayn a oeuvré pour la liberté d’expression en Iran au 19e siècle), etc, etc, etc.

L’ouvrage Ni vues ni connues, édité chez Hugo Doc par le collectif Georgette Sand, témoigne d’un remarquable travail de défrichage en dressant le portrait de 75 femmes remarquables, et en décortiquant les mécanismes d’un oubli bien souvent organisé. Nous vous invitons à le consulter, ainsi que la sélection de livres qui l’accompagne établie d’après leur recensement que vous trouverez à la librairie.

Une bibliographie plus complète est disponible ici : Biblio Ni vues ni connues

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