Rencontre avec Marie Richeux jeudi 14 décembre à 19h30 à l’occasion de la parution de son premier roman Climats de France aux éditions Sabine Wespiser

climats de franceC’est l’histoire de deux bâtiments, l’un en France, l’autre en Algérie, tous deux construits avec la même pierre de Fontvieille par Fernand Pouillon, architecte visionnaire et animé d’une vision sociale. C’est également l’histoire de Marie, de sa fascination pour ces lieux, de son amitié avec Malek, vieil algérien arrivé en France dans les années 50, qu’elle écoute tendrement raconter sa vie. Font présence également dans ce roman élégant, subtil et intelligent, la figure de Jacques Chevallier, maire d’Alger de 1953 à 1958, les silences de l’Histoire, la question de la mémoire, la difficile et délicate tâche de relater.

Marie Richeux enchante les soirées des auditeurs de France Culture et sa voix singulière résonne également dans ce très beau premier roman !

Résumé :  tout commence à Alger en 2009, avec l’émotion profonde de Marie au moment où elle découvre « Climat de France », le bâtiment qu’y construisit Fernand Pouillon. La pierre de taille, les perspectives imposantes, elle les connaît intimement : elle a grandi à Meudon-la-Forêt, dans un ensemble bâti par le même architecte. Mue par le désir de comprendre ce qui mystérieusement relie les deux lieux, elle plonge dans leur passé, et dans celui de leurs habitants. Plusieurs récits s’entrelacent, comme autant de fragments d’une histoire dont elle traque le motif entre l’Algérie et la France : l’arrivée de Fernand Pouillon à Alger en mai 1953, invité à construire mille logements pour la fin de l’année par le maire récemment élu ; le souvenir d’une nuit de 1997 à Meudon-la-Forêt, quand Marie, treize ans, ne parvient pas à s’endormir à cause des chants de deuil résonnant dans la cage d’escalier ; les confidences de son voisin Malek, que ses parents, sentant le vent tourner à Oran, ont envoyé en France en 1956 et qui, devenu chauffeur de taxi, semble avoir échappé à la guerre dont la violence se déployait pourtant dans les rues de Paris.

La Cause littéraire a aimé Climats de France, la librairie Ombres Blanches aussi, et c’est un coup de coeur de l’IMA 

marie richeuxNée à Paris en 1984, Marie Richeux a grandi en banlieue parisienne. Pendant ses années d’études, elle collabore à France Culture, puis à FIP. Elle s’éloigne un temps de la radio pour se consacrer aux sciences humaines. À l’École des hautes études en sciences sociales, elle mène des recherches sur la transmission intergénérationnelle dans les familles ayant migré en France depuis le Maghreb, puis débute une thèse sur la place du silence dans cette transmission, et la possibilité collective, muséale, politique de pallier cela.
En 2009, elle commence à produire régulièrement des petites formes (fictions, documentaires, créations sonores) pour «Les Passagers de la nuit» de Thomas Baumgartner sur France Culture, et développe un travail de son et d’écriture, notamment dans l’espace public, auprès de l’artiste Malte Martin. C’est alors qu’elle préparait un documentaire sur le football breton dans les années 1970, qu’on lui propose l’animation d’une tranche quotidienne et matinale sur France Culture. Elle met en suspens sa thèse et ses autres activités et produit, à partir de 2010, l’émission «Pas la peine de crier», diffusée du lundi au vendredi, et dont le titre devient, en septembre 2014, « Les Nouvelles Vagues », désormais diffusée de 14 h à 15 h.
En 2013, elle publie son premier livre, Polaroïds, chez Sabine Wespieser éditeur. Suivi, en mars 2015, un récit personnel et poétique autour de la figure d’Achille, relecture contemporaine du mythe : Achille. Climats de France est son premier roman.

Pour en savoir plus sur Marie Richeux, c’est évidemment sur le site de France Culture qu’il faut aller, et peut-être tout aussi évidemment sur le site de Télérama. Les Inrocks lui ont aussi consacré un portrait il y a quelques années.