Du 3 au 31 mai, Liliane Clément propose une exposition de photographies « La Mongolie entre deux mondes »

Affiche Mongolie 2018

La Mongolie fait rêver : ses yourtes isolées dans de grands espaces vierges où de nombreux troupeaux pâturent en liberté, ses nomades qui ont conservé intactes leurs valeurs et coutumes ancestrales, tout nous transporte dans un monde authentique et nous connecte aux principes essentiels de la vie. Dans ce pays aux hivers très rigoureux, les nomades ont adopté la « ger » ou yourte qui les protège très bien du froid et leur permet de suivre les troupeaux à la recherche
de pâturages. Elle se monte en une heure et se transporte facilement. Les animaux sont toute la richesse des nomades. Ils assurent leur subsistance mais sont surtout leur joie et leur fierté. Le cheval, compagnon des grandes conquêtes de
Gengis Khan, jouit d’un très grand respect. Les animaux sont aussi les garants de la liberté des pasteurs nomades.
Malheureusement les « zuds », catastrophes naturelles, déciment les cheptels régulièrement. Certains sont particulièrement meurtriers et tous les ans ils sévissent quelque part en Mongolie. Les pasteurs qui ne peuvent pas reconstituer leur cheptel vont installer leur yourte dans les banlieues des grandes villes à la recherche de moyens de survie qu’ils trouvent difficilement. En plus des « zuds », le développement industriel, notamment lié à la découverte de nombreuses mines en Mongolie, encourage les nomades à se sédentariser. Opportunité réelle ou miroir aux alouettes ? Le mondialisme fait aussi peser une grave menace sur les steppes mongoles. Les Chinois payent très cher le cachemire encourageant ainsi les nomades à rompre l’équilibre de leur cheptel en accroissant démesurément le nombre de chèvres. Les chèvres, contrairement aux autres animaux, arrachent les racines des plantes qu’elles mangent et dégradent les prairies. Et le désert progresse.
Alors, 80% vivaient du pastoralisme nomade en 1980, 30% aujourd’hui, combien demain ? Les valeurs qui ont fait la force des nomades mongols au cours des siècles seront-elles suffisantes pour maintenir leur mode de vie qu’ils chérissent tant ? La solidarité et l’entraide, le lien social auquel ils sont bien plus attachés qu’aux biens matériels, leur permettront-ils de relever les nouveaux défis ? Leur forte identité, forgée par la vie très rude dans d’immenses steppes au climat rigoureux, me permet d’espérer que les Mongols, même exerçant un autre métier pour assurer leur subsistance, resteront des nomades dans l’âme. Tout nomade ne se présente-t-il pas en disant d’abord d’où il vient ? Et tout nomade va vivre dans la steppe au moins quelques semaines tous les ans, en général dans la famille. En Mongolie, quand un Mongol prend des airs de citadin, on lui demande si ses parents sont moines ou chinois !

Liliane Clement se définit comme une humaniste prônant le libre arbitre et la tolérance. C’est d’ailleurs ce principal trait de caractère qui l’a poussée à voyager très jeune. Après une formation en Lettres avec une maîtrise en linguistique appliquée à l’université de Paris 8, elle obtient un diplôme de marketing à l’université de Georgie (USA). Elle se forme à la photographie, la prise de vue et le reportage, dès 1970, auprès du Club des explorateurs à L’Institut des Hautes Etudes à Paris. L’artiste s’intéresse particulièrement aux autres cultures, et son appareil photo est son instrument favori pour les faire connaître et apporter sa contribution à leur préservation, lorsqu’elles sont menacées. En 1970, elle part vivre avec les réfugiés tibétains dans le Nord de l’Inde, où elle a la chance de rencontrer le Dalaï Lama. Avec ses diaporamas, elle vise à sensibiliser l’Europe
à leur condition précaire, pour construire des orphelinats accueillant les enfants orphelins. En 1974, diplômée en lettres, elle marche dans les pas de l’ethnologue Marcel Griaule à la rencontre des Dogons, ethnie vivant au Nord du Mali depuis le XIIIème siècle. Après une carrière internationale dans le marketing, qui lui permit d’exercer son goût pour les voyages elle reprend sa quête de l’inconnu en 2012, en partant à la rencontre des nomades de Mongolie, puis des ethnies du Nord du Vietnam, ainsi que des Samis de Laponie en 2013. En Octobre 2013, elle obtient son diplôme de photographe et décide d’exercer ses talents en effectuant des missions solidaires : au sein d’une communauté Quechua en Equateur puis avec les villageois d’une île du Mékong, au Cambodge. En 2015 elle effectue une mission humanitaire à Madagascar et repart en Inde et au Bhoutan. En 2016 elle découvre les Lahu et les Karen qui vivent dans le Nord de la Thaïlande. En 2017, elle décide de s’engager pour le tourisme solidaire au Sénégal en troquant ses photos contre le gite et le couvert.
Parmi les photographes qui l’inspirent on compte Brassai et Sebastian Salgado. Plusieurs de ses photos ont été récompensées sur des sites photos. En 2014 elle expose à la Galerie Artitude à Paris en qualité d’artiste permanent. Elle a également exposé à Business Art à l’Espace Pierre Cardin et au Centre d’Art et de Création à Aulnay-sous-Bois . En Août 2014 elle expose « Les Cardeuses de l’Equateur » sous la Halle aux Cardeux à Montrésor. En Avril 2015 elle expose « L’Or du Cambodge » à la Galerie du Chancelier à Loches, ville de l’explorateur Louis Delaporte qui consacra sa vie à faire connaître l’art Khmer, puis à Paris. Elle expose « Les nomades de Mongolie » au musée Descartes pendant les journées du Patrimoine 2016. Son rêve d’artiste : « Valoriser les différences et contribuer à préserver la diversité dans le monde.»