Discours des 10 ans de la librairie

Discours prononcé le samedi 7 février pour les 10 ans de la librairie

Bonsoir à vous tous,
Nous profitons de cette soirée pour faire une petite mise au point. Nous vous entendons souvent parler de la librairie et de nous en ces termes étranges : Le Rideau Rouge c’est ma librairie, celle que tu vois derrière la vitre c’est ma libraire, heureusement que nous vous avons ou la variante merci d’exister. Plus étonnant encore, quand vous nous croisez à la boulangerie ou au bistrot, vous manifestez votre surprise de nous voir exister ailleurs qu’ici. Sachez une chose, votre réaction est justifiée : nous sommes des hologrammes qui se matérialisent uniquement à votre demande. Ou quand vos désirs de comprendre, de rêver, d’interroger, de s’étonner, de ressentir, de partager, bref de lire se font entendre.
Plus sérieusement, notre librairie et nous-mêmes (en tant que libraires attention ! ) existons grâce à vous. Alors un grand merci à nos habitués, de près ou de loin, à ceux qui vont le devenir (forcément), à nos absents.
Plus précisément, merci aux parents qui laissent leurs enfants ravager le rayon jeunesse et qui n’osent rien dire par peur des cris et des pleurs ; merci à ceux qui n’ont ni le titre, ni l’auteur, ni l’éditeur mais qui savent que le livre est bleu ; merci à celui qui offre en toutes occasions un livre à sa belle-mère aux goûts impossibles, résultat : 3h de cogitation par libraire, et 2 Dolipranes ; merci à ceux qui nous font empaqueter séparément 17 pochettes de gommettes princesses. Toutes nos excuses : malgré cet entraînement intensif, nous ne sommes pas devenues des expertes en papier cadeau ! Dans 10 ans promis !

Ces 10 dernières années pour Anaïs, ces 3 dernières années pour Élise ont permis à la librairie de se nourrir par le biais de très belles rencontres et de collaborations fructueuses. Merci au Syndicat de la librairie française pour les ragots sur l’interprofession que nous ne répétons jamais, merci à l’AILF pour les voyages de formation tous frais payés à Abidjan, merci au CR pour la confrontation avec 500 adolescents surexcités qu’il faut persuader de l’intérêt de la lecture, merci à Citératures pour la remise en question permanente, parfois houleuse, parfois hurlante, merci aux éditeurs pour leur mauvaise foi et leur passion, merci aux nombreux auteurs qui ont accepté de descendre dans une cave au fin fond du 18ème, à Marx-Do, merci aux improbables animations : concert de rap pubère, squat de la cave par le père noël, ange déambulant, lectures coquines et autres sauvageries.
Enfin, nos remerciements les plus condoléants à Sonia, notre apprentie, et Sophie, libraire en gestation, qui doivent jongler avec nos innombrables qualités et nos défauts contradictoires. Votre humour, votre patience, vos enthousiasmes, votre charme sont devenus indispensables. On vous aime tous !