Du 7 au 31 mars Nathalie Deladerrière expose « Corps et Graphie »

 

affiche nathalie deladerrière

Pot de décrochage samedi 1er avril à partir de 17h

 

Comment expliquer ce mouvement intérieur qui, tout au long de la vie, nous guide, nous transforme, change nos perceptions du monde, jusqu’à notre façon de marcher… ?  Laisser une trace par un engagement total du corps, un lien étroit entre ce qu’il y a en nous et ce que nous laissons voir, trouver le courage de montrer ce que nous sommes… Inspirée par la danse comme acte visible de vie, mon travail donne à voir cette chorégraphie universelle qui depuis si longtemps dormait en moi.  C’est aussi l’expression d’une danse qui se résumerait à l’espace de la toile comme espace de prise de risque libératrice où tout peut se produire.

Depuis la vie in utero où le bébé, non encore pourvu de moyens d’échanges, exprime quelque chose par son expression corporelle qui fait vraiment sens pour sa mère, nous sommes sans cesse en quête d’être reconnu, compris. En ce sens, comme le danseur dont le travail corporel doit atteindre un niveau d’expression élaboré pour se mesurer aux mots, mon abstraction est langage enfin mis au monde. Langage du mouvement dansé pour sortir de la nuit de l’âme, savoir qui l’on est, oublier les blessures anciennes et continuer à avancer…

 

Nathalie DeladerrièreNathalie Deladerrière

Commencer un travail artistique, quand le besoin est là, plus fort que tout… Lorsqu’il s’est exprimé en 2012, j’ai d’abord commencer par peindre des arbres, « pour essayer ». Ensuite, à travers l’expérience de la danse, non pas véritablement vécue personnellement mais par imprégnation et par passion, c’est le mouvement dansé qui s’est exprimé dans ma peinture. En effet, je menais des ateliers chorégraphiques (seule et avec des chorégraphes) avec mes élèves et je côtoyais des danseurs professionnels grâce à ma fille ; ma vie quotidienne était alimentée par beaucoup de danse. C’est ce travail que j’ai voulu montrer lors de ma première exposition au Portes d’or en 2015. Parallèlement, la technique du collage, mélangée aux pastels et aux feutres, m’intéressait. Elle m’a permis de montrer une certaine idée de la femme contemporaine… « fragmentée », « oubliée », « engloutie », … A travers ces diverses images, souvent peu joyeuses mais réelles, souvent tirées de mon expérience, des gestes semblables à des racines entouraient mes personnages… Puis, cet été, alors que je faisais une rétrospective de tous ces travaux autour de la femme, quelque chose semblait manquer. La lune s’est donc imposée à moi pour approfondir l’idée de la femme ancrée dans ses racines. Femme, arbre, racines, lune, et geste spontané, créant ainsi le mouvement perpétuel… Enfin, récemment, alors que j’étais à un concert, la chanteuse avait invité une très grande danseuse Étoile. De dos à la scène, assise, ses mouvements donnaient vie aux paroles de la chanson.
Alors j’ai observé ce corps, et j’ai compris : le « mouvement dansé » et la « femme dans ses racines », ces deux éléments qui nourrissent de manière très forte mon travail artistique, étaient réunis là devant moi. Cette femme, ce corps sculpté par la danse, noueux et gracieux à la fois, était la femme arbre, celle ancrée dans ses racines et celle qui donne le mouvement de la danse, de la vie. Il m’a semblé alors, pour la première fois, comprendre tout le chemin que j’avais parcouru en autodidacte, certes, mais avec tout mon être…l’inspiration restant un mystère. Pour la part de mythologie, alors on peut faire le lien avec Yggdrasil, arbre de vie, et aux Nornes, aux Dryades…